2026-10-05 · TP3 : Synthèse et conclusion
Contexte
Fiche principale : 2026-10-05 — TP3 Routage statique et OSPF · Tableaux : 2026-10-05 — TP3 Tableaux à rendre Commandes : P2 · P3 · P4 · P5 · P6 Notions : VLSM — Découpage en sous-réseaux · 2026-09-11 — OSPF et algorithme à état de lien · 2026-09-11 — Routage dynamique et familles de protocoles
🎯 Ce que le TP démontre
Sur une même topologie (2 sites, 7 routeurs, 12 réseaux), comparer deux façons de remplir une table de routage :
- à la main (routes statiques), Partie 2 ;
- automatiquement (OSPFv2), Parties 3 à 6, avec route par défaut, réglage des coûts et résistance aux pannes.
1. Adressage (Partie 1)
- Chaque LAN a une taille adaptée au besoin (VLSM) : /24, /25, /26, /27, /28. Les liens entre routeurs sont en /30 (2 adresses utiles, juste assez pour un lien point à point).
- Convention retenue : routeur = .1 (passerelle), PC = .2.
- Un routeur ne connaît au départ que ses réseaux directement connectés (
C) et ses propres adresses (L, /32). Un PC peut joindre sa passerelle, rien au-delà.
À retenir
Interface de routeur = IP + masque +
no shutdown. Sansno shutdown, l’interface reste éteinte même bien adressée.
2. Routage statique (Partie 2)
ip route <réseau> <masque> <next hop> sur chaque routeur, pour chaque réseau distant.
| Constat | Détail |
|---|---|
| Volume | 65 routes à taper pour 7 routeurs (8 à 10 par routeur) |
| Lecture | S 10.0.0.8/30 [1/0] via 10.0.0.1 : [1/0] = distance administrative 1 / métrique 0, pas une interface |
| Aller ET retour | Chaque routeur sur le chemin doit savoir revenir. L’ISP a besoin de 10 routes juste pour répondre aux PC |
| Erreur silencieuse | Une route en /28 au lieu de /27 (vue sur Laval 3) marche quand même pour PC4 (.2), mais couvre une mauvaise plage : bug latent difficile à voir |
| Pas d’adaptation | Si un lien tombe, les routes pointent toujours vers un voisin mort jusqu’à correction manuelle |
Limites du statique
Simple et prévisible sur un petit réseau, mais long, source d’erreurs, et figé. Chaque changement de topologie impose de retoucher plusieurs routeurs à la main.
3. OSPFv2 (Partie 3)
router ospf 297
network <réseau directement connecté> <wildcard> area 0
- Process-id (297) : local au routeur, n’a pas besoin d’être identique entre voisins (mais plus lisible s’il l’est).
- Wildcard = 255.255.255.255 − masque (/30 → 0.0.0.3, /27 → 0.0.0.31…).
- On n’annonce que ses réseaux directement connectés, OSPF apprend le reste des voisins.
- 19 lignes
networkau total contre 65 routes statiques, et surtout rien à changer si la topologie évolue.
Fonctionnement : découverte des voisins (Hello) → adjacences (FULL) → échange des LSA → chaque routeur construit la même LSDB (carte du réseau) → SPF / Dijkstra calcule le meilleur chemin → routes O dans la table.
| Commande | Sert à |
|---|---|
show ip ospf neighbor | voir les adjacences (état FULL) |
show ip route ospf | voir les routes apprises, format [110/coût] |
show ip protocols | process-id, router-id, réseaux annoncés |
Distance administrative
Statique = 1, OSPF = 110. Si les deux existent pour un même réseau, la statique gagne. C’est pour ça que le TP sépare les deux fichiers (
297routageStatique.pkt/297routageDynamique.pkt).
4. Route par défaut (Partie 4)
Sur Laval 1 seulement :
ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 64.0.100.1
router ospf 297
default-information originate
- Laval 1 a
S* 0.0.0.0/0, tous les autres reçoiventO*E2 0.0.0.0/0 [110/1]+ un Gateway of last resort. - E2 = route externe injectée dans OSPF, coût fixe qui ne s’additionne pas.
- La route par défaut ne sert que pour les destinations inconnues : le routeur choisit toujours la route la plus précise (longest prefix match). Vers 203.0.113.100, la route
/24apprise de l’ISP passe avant la/0.
Limites du scénario du TP
- L’ISP étant dans OSPF, le serveur était déjà joignable dès la Partie 3. La Partie 4 serait indispensable si l’ISP n’y était pas.
- Sans OSPF sur l’ISP, la route par défaut ne suffirait pas : l’aller arrive, mais l’ISP n’a aucune route de retour vers les 192.168.x.x.
- Un ping vers une adresse inexistante (8.8.8.8) boucle entre Laval 1 et l’ISP (l’ISP a reçu la route par défaut qui pointe vers Laval 1) jusqu’à expiration du TTL.
- Dans la réalité : le FAI n’est pas dans l’OSPF du client, et Laval 1 ferait du NAT (adresses privées traduites en 64.0.100.2).
5. Coûts OSPF (Partie 5)
- Coût d’une interface = 100 Mb/s ÷ débit, arrondi à 1 minimum : tous les liens Gigabit valent 1.
- Coût d’un chemin = somme des coûts des interfaces de sortie.
ip ospf cost 20sur Gig0/2/0 (lien Paris 1 ↔ Paris 3) :
| Étape | Aller PC4 → PC3 | Retour PC3 → PC4 | Routage |
|---|---|---|---|
| Avant | direct (P1 → P3) | direct (P3 → P1) | symétrique |
| Coût 20 sur Paris 1 | détour par Paris 2 | direct | asymétrique |
| Coût 20 aussi sur Paris 3 | détour par Paris 2 | détour par Paris 2 | symétrique |
Idée clé
Le coût OSPF est local et sortant : il ne joue que pour les paquets qui sortent par l’interface où il est configuré. Pour écarter un lien dans les deux sens, il faut le modifier aux deux extrémités.
Piège du tracert (constaté dans PT)
Chaque saut affiche l’IP par laquelle le routeur renvoie sa réponse vers la source, pas forcément celle par laquelle le paquet est entré. Exemple : à l’étape 1, Paris 1 apparaît en 10.0.0.1 sur le retour alors que le paquet est arrivé par 10.0.0.9. Compter les sauts (5 = direct, 6 = détour) pour connaître le vrai chemin.
6. Basculement sur panne (Partie 6)
shutdown de Gig0/3/0 sur Paris 2 (lien Paris 2 ↔ Paris 3), puis no shutdown pour rétablir.
- Détection : interface down, adjacence
FULL → DOWN. - Propagation : nouvelles LSA sans le lien, inondées dans l’aire 0.
- Recalcul : chaque routeur relance SPF sur sa LSDB mise à jour.
- Résultat : 10.0.0.4/30 disparaît des tables, le trafic bascule sur le seul chemin restant, le lien direct Paris 1 ↔ Paris 3, même à coût 20. Le coût sert à choisir entre plusieurs chemins, il n’interdit pas un lien.
- Retour à la normale : au
no shutdown, l’adjacence remonte (LOADING → FULL) et les routes de la Partie 5 reviennent seules.
Comparaison avec le statique
En statique, les routes via 10.0.0.5 / 10.0.0.6 resteraient dans les tables et le trafic serait perdu jusqu’à une correction manuelle. OSPF converge tout seul en quelques secondes.
🧠 Conclusion
| Critère | Routage statique | OSPFv2 |
|---|---|---|
| Configuration | 65 routes, une par réseau distant et par routeur | 19 network, uniquement les réseaux connectés |
| Risque d’erreur | élevé (masque, next hop, oubli du retour) | faible, les routes sont calculées |
| Panne d’un lien | aucune réaction, intervention manuelle | reroutage automatique (convergence) |
| Choix du chemin | figé, décidé par l’admin | meilleur coût calculé (Dijkstra), réglable avec ip ospf cost |
| Ressources | aucune (pas de protocole) | Hello, LSA, LSDB, calcul SPF |
| Adapté à | petits réseaux stables, route par défaut vers un FAI | réseaux d’entreprise qui évoluent |
En une phrase : le statique est simple et prévisible mais ne passe pas à l’échelle et ne réagit pas aux pannes. OSPF demande de comprendre son fonctionnement (voisins, LSA, coûts, aires) mais construit et maintient les tables tout seul. En pratique on combine les deux : OSPF à l’intérieur du réseau, une route statique par défaut vers le FAI, propagée avec default-information originate.
Pour aller plus loin
Sur un gros réseau (≈ 50 routeurs et plus), on découpe OSPF en plusieurs aires autour de l’aire 0 (backbone). Ça réduit les LSDB, contient les recalculs SPF à une aire et permet la summarization sur les ABR. Inutile sur les 7 routeurs du TP.